Méditer sur un koan – vous découvrir grâce à la méditation par l’absurde !

méditer sur un koan
méditer sur un kōan – pratiqué ici par le Maître Chan Yunmen

Lorsque l’on applaudit, quel est le son d’une main ? Si un arbre tombe dans la forêt, mais que personne n’est là pour l’entendre, fait-il du bruit ? Lorsqu’il n’y a plus rien à faire, que faites-vous ? Ces koans bien connus peuvent faire l’objet d’une méditation. Comment pratiquer cette méditation sur des koans, que va-t-elle vous apporter ?

Méditer sur un koan

Le koan, question sans réponse, comme objet de votre attention

Le kōan est une question absurde, dont la réponse n’existe pas ou n’a pas d’importance. Il s’agit, justement, de prendre le sens logique en défaut, de piéger l’esprit à son propre jeu. Puisqu’il aime vous envoyer des jugements, des questions, des pensées, etc, le koan lui donne un terrain de jeu où s’exprimer. Mais parce qu’il n’y a pas de réponse, parce que la raison ou le jugement n’ont aucun rôle ici, l’esprit se trouve rapidement mis hors-circuit, épuisé de devoir regarder à droite, puis à gauche, pour se retourner et être assailli par ses propres questionnements. Voyant des opportunités se déployer dans tous les sens, il ne sait où donner de la tête et perd rapidement pied. Profitez-en, c’est justement ce que vous vouliez. Laissez-le s’emballer, aidez-le un peu si vous le voulez, il faut qu’il croule sous le poids de ses propres jugements, questions, remises en cause, etc.

Le kōan est là pour être le déclencheur. Il défie la logique du langage, le prend à son jeu en utilisant les outils qu’il prétend mettre à votre disposition. Pourquoi se défier ainsi du langage ? Parce qu’il est piège en lui-même, parce qu’il ne représente pas réellement ce que vous pensez, ce que vous êtes, mais vous force à utiliser des catégories trop générales, des cases toutes faites pour être compris, pour vous exprimer, pour dire ce que vous êtes, ce que vous ressentez. À la manière dont travaillent les poètes, vous allez chercher à dépasser ces limites, vous offrir des licences poétiques pour passer la porte du langage est découvrir ce qui se cache derrière : vous.

Comment méditer sur un koan ?

Choisissez un koan qui vous plaise. Vous en trouverez partout sur Internet, dans des recueils, dans des revues, des livres… Installez-vous pour méditer dans la position qui vous convient, prenez toutes les précautions que vous prenez habituellement pour méditer et récitez le koan, mentalement ou à voix haute. Observez-le, laissez surgir les questions, les réponses que votre esprit pense pouvoir apporter. Observez-les réellement, avec un regard acéré, sans jamais vous détourner. Vous allez tout d’abord vous heurter à des lieux communs, ce n’est pas grave. Il faut bien qu’ils sortent pour que le reste puisse le faire. Ne les retenez pas, aussi banales que soient les réponses, si elles se présentent, c’est qu’elles ont besoin de le faire. Utilisez-les comme des marches vers les prochaines réponses, plus élevées, elles. Ne jugez pas vos cheminements. Puisqu’aucun d’entre eux ne sera valable, c’est que tous méritent d’être observés avec la même attention. Laissez-le se présenter, épuisez le sens de chacun. S’ils ouvrent la porte à des cheminements autres, ne vous gênez pas pour emprunter ces passages. Il s’agit simplement de ne jamais vous laisser distraire de votre but initial : répondre au koan. Si, pour cela, vous avez besoin d’approfondir votre raisonnement, faites-le. Si l’enchaînement des pensées vous conduit loin du koan, revenez à lui, vous risquez l’éparpillement.

Rapidement, les phrases courantes, les systèmes de pensée et de résolution trouveront leur limite. C’est alors que l’intérêt du koan se révèle. Vous allez devoir procéder à des associations d’idées inédites, à des créations de concepts qui vous seront propres, à des remise en cause de tout ce que vous preniez pour acquis : le langage, le sens, la vérité, la légitimité, etc. Vous allez procéder à un véritable travail sur vous même, vous allez dégager des valeurs et des vérités qui ne correspondent qu’à vous. C’est ainsi que vous allez apprendre à vous connaître. N’hésitez pas à tenter, à essayer, quitte à vous tromper, que risquez-vous ? Confrontez vos découvertes aux systèmes de valeurs habituellement admis. Pourquoi les vôtres ne seraient-ils pas tout aussi légitimes ? Dégagez ce qui relève de l’acquis et de l’inné, découvrez le véritable poids du culturel sur votre vie et continuez de dégagez votre être des strates de culture et d’éducation sous lesquelles il est enfoui. Petit à petit, couche après couche, ce qui le recouvre ne pourra que difficilement être verbalisé, vous saurez alors que vous avez travaillé en profondeur. Continuez, la quête est sans fin, c’est plutôt le voyage qui compte.

Méditer sur un kōan est le moyen d’offrir à votre esprit ce qu’il désire pour le mettre hors circuit et pouvoir travailler à vous découvrir. Vous allez autant apprendre à approfondir votre raisonnement qu’à le dégager des systèmes tout prêts qui ne sont pas ceux que vous avez mis en place vous-même mais ceux que l’on a inscrit en vous, que vous avez laissé vous changer. Retrouvez votre capacité de raisonner en profitant des koans, parce que ce sont des réponses au-delà des mots qu’il vous faudra utiliser pour continuer à vous y intéresser. Tôt ou tard, vous devrez franchir les limites du langage et du culturel, êtes-vous prêt à le faire ?

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1 commentaire sur “0”

    1. Les koans permettent de se déconnecter de ses pensées, permettant ainsi d’être en lien direct avec votre être profond. Vous allez retrouver vos pensées « normales » une fois la pratique terminée, votre sérénité sera identique, peut-être même légèrement accrue.

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