Comment méditer en dansant ?

méditer en dansant

Un musicien lors de danses Cham – pourquoi ne pas méditer en dansant ? (Crédit photo : JPhilipson)

Certes, si vous avez passé la soirée précédente en boite de nuit, vous êtes peut-être encore assourdi(e) par des basses surdosées et ankylosé(e) des jambes aux épaules, aussi vous pourriez trouver l’idée de méditer en dansant saugrenue.

Pourtant, dans de nombreuses cultures ancestrales, la danse, en plus d’être un art (ainsi qu’un sport ou un exutoire et depuis toujours une sorte de parade nuptiale !) est aussi un moyen soit de se rapprocher de(s) dieu(x), soit de plonger à l’intérieur de soi-même… Et ça ne vous rappelle rien ?

Bien sûr, c’est l’essence même de la méditation, c‘est pourquoi nous nous y intéresserons dans cet article. Et un, deux, trois…

Méditer en dansant

Un très bon exemple de « méditation dansante » est celui des danses de Cham. Ce type de danse est originaire du Tibet, mais on le trouve également dans d’autres pays à tradition bouddhique, comme la Chine et le Bhoutan, ainsi qu’en Inde et au Népal.

Si vous avez déjà assisté à la célébration du nouvel an chinois, alors vous avez déjà une idée de à quoi cela peut ressembler vu de l’extérieur. En effet, les danseurs, intégralement costumés, accomplissent leur rituel au son hypnotique des cymbales et des cornes, suivant la musique. Cependant, les danses de Cham appartiennent à une dimension spirituelle infiniment plus élevée, envoûtant jusqu’au voyageurs occidentaux qui se mêlent aux spectateurs locaux. Le rythme lent des percussions évoque les battements du cœur, précisément ce sur quoi vous vous concentrez lorsque vous méditez. En parallèle, le bourdonnement omniprésent qui émane des dungchen (ces fameux cors de cuivre  mesurant plusieurs mètres) hautbois et conques oblitère vos pensées, vous obligeant à vous concentrer sur l’instant présent (ou, dans le cas extrême de la transe, à vous oublier vous-même) exactement encore comme dans la méditation.

Voici deux exemples de danses de Cham, consultables librement sur Youtube : Extrait 1 & Extrait 2. Comme vous pouvez le constater, il existe dans ces danses une dimension collective, car l’on est plongé dans une atmosphère à la fois pieuse et festive, mais aussi une dimension personnelle, interne, faite de recueillement et d’émerveillement pour le spectateur et de concentration pour le moine exécutant, avec vraisemblablement un effet cathartique et exaltant pour celui-ci, à mesure qu’il effectue le rituel. Ainsi, les deux parties se trouvent réunies dans un tout, un ensemble plus grand puisque le spectateur n’aurait rien à contempler sans la danse et la musique et les moines ne seraient pas plongés aussi puissamment dans le rituel sans la ferveur ambiante émanant du public. Ce phénomène bien connu (c’est ce qui rend les concerts notamment si magiques !) se combine ici avec l’effet méditant pour recréer quelque chose d’unique, duquel vous ressortez comme « rafraîchi(e) », « régénéré(e) »… Tout comme après une séance de méditation assise !

Vous pourrez trouver des informations complémentaires dans l’article de Wikipédia, danses de Cham.

Ainsi, comme vous avez pu le remarquer dans ces vidéos, que vous soyez simple curieux, personne du peuple cherchant à améliorer son karma ou méditant pratiquant cherchant à communiquer avec votre moi le plus profond, vous trouverez toujours dans les  danses de Cham le plus grand intérêt. Méditer en dansant n’est cependant pas propre à l’Extrême-Orient : d’autres exemples de danses dotées du même niveau spirituel existent de par le monde, comme le rituel des derviches tourneurs au Moyen-Orient ou encore les danses exécutées encore à l’heure actuelle par les descendants des Mayas, en Amérique centrale et du Sud…

Cela dit, bien sûr on ne vous en voudra pas si vous préférez malgré tout la méditation en position assise !

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