méditation et neuroscience

Méditer nous fait du bien, les neurosciences le prouvent

Article invité rédigé par Thibault du site Côté Nutrition 

méditation et neuroscienceBien que la méditation soit née il y a des millénaires, nous n’avions, mis à part les sensations des personnes l’exécutant, que très peu d’idées concrètes de son efficacité. Il nous a fallu attendre les années 1970 pour que le monde scientifique commence à se pencher sérieusement sur le sujet. Les techniques méditatives et leurs effets sur le corps et l’esprit ont commencés à être étudiés.

Aujourd’hui, nous nous intéresserons donc à la recherche sur la méditation, principalement par le prisme des neurosciences.

La Méditation et la structure neuronale

Depuis quelques années déjà, les scientifiques ont mis en lumière des effets physiques notables sur la matière grise lorsque l’individu se prête à la méditation. On pensait auparavant qu’elle ne modifiait que le fonctionnement du cerveau. Il semblerait au contraire qu’il y ait un impact important sur la structure même de celui-ci.

En effet, la méditation aurait un rôle stimulant sur la neuroplasticité. La capacité du cerveau à s’agencer et à se modifier en fonction des événements et de nos expériences de vie est stimulée.

Les recherches et l’imagerie cérébrale

Grâce à la neuroimagerie (imagerie cérébrale), il est désormais possible de connaître les zones du cerveau en activité lors d’une session de méditation. Elle permet également d’observer la réorganisation neuronale de ces zones. Par exemple, des chercheurs ont pu constater par IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), des différences chez les pratiquants. Le cortex pré-frontal gauche était davantage développé chez les pratiquants réguliers. Cette dernière est une zone qui contrôle principalement la perception, l’attention et les sensations corporelles internes.

Lors d’une expérimentation visant à comparer l’activité cérébrale d’experts de la méditation et de novices, le Docteur Antoine Lutz à déclaré : “Nous avons été les premiers à montrer que la méditation provoque des changements fonctionnels dans le cerveau. Elle induit une réorganisation de l’activité neuronale.”

Puis par la suite : “On peut entraîner certaines régions de notre cerveau comme on fait des exercices pour développer sa musculature. La pratique régulière de la méditation a ainsi un effet physiologique sur le cerveau : cela se traduit par l’activation de certaines zones qui commandent notre attention, nos émotions, notre présence au monde et aux autres.”

Une étude californienne effectuée sur 100 personnes de 24 à 77 ans a démontré, grâce à des IRM, que la perte de matière grise due à l’âge serait bien moins importante chez les pratiquants de méditation. En effet, le groupe n’ayant pas adopté cette habitude avait une matière grise qui était davantage altérée par le temps. 

Les effets bénéfiques de la méditation

Différentes parties du cerveau sont stimulées lors d’une session de méditation. Comme nous l’avons vu, cela concerne les zones responsables de la perception, de l’attention et des sensations corporelles internes. En plus, les zones de la gestion de la mémoire, du stress et de l’empathie sont aussi stimulées. Même le rapport à soi et aux autres ou encore l’intégration émotionnelle en font partie.

La méditation pour prévenir certaines pathologies

Les vertus de la méditation ne seraient pas exclusives à la structure du cerveau ainsi qu’à son fonctionnement. Cela serait bénéfique pour l’ensemble de l’organisme. Sans parler de son impact positif sur le sommeil, sur le niveau d’énergie ou encore sur les  performances physiques, nous allons nous pencher sur des bienfaits un petit peu moins connus.

méditation

  • Santé cardio-vasculaire : il  semblerait que la pratique régulière de la méditation ait un effet préventif sur certaines maladies cardio-vasculaires. Ces maladies sont l’athérosclérose (une maladie entraînant l’obstruction des vaisseaux), les infarctus et les morts par accident coronarien. La méditation diminue la présence de la protéine C réactive dans le sang. Cette protéine étant un facteur de risque pour ces maladies.
  • Pression artérielle : une étude du « Benson-Henry Institute » a fait l’expérience de prescrire une méditation particulière. Celle-ci a été développée par le cardiologue Herbert Benson et prescrite à des patients atteints d’hypertension artérielle. Au bout de trois mois de pratique, 40 des 60 patients ont pu diminuer leur traitement médicamenteux. Leur pression artérielle avait fortement diminué.
  • Dépression : la méditation permettrait de diminuer de 40% les chances de rechute pour une personne ayant eu un passage de sévère dépression d’après une étude canadienne d’une durée de 6 mois.
  • Douleurs chroniques : la méditation permet une réduction de l’intensité et de la durée des douleurs chroniques. De plus, elle augmente le laps de temps entre ces douleurs si elles reviennent régulièrement.
  • Système immunitaire : la méditation réduirait les réactions inflammatoires et ceci en diminuant l’expression d’un groupe de gène faisant partie du système immunitaire.

Un intérêt croissant pour la discipline

Comme nous l’avons vu, la sphère scientifique porte de plus en plus d’importance au domaine de la méditation. Aussi, dans  l’espoir d’augmenter davantage les connaissances sur le sujet, plusieurs formations ont récemment ouvert leurs portes.

Une nouvelle formation

En février 2014, un nouveau diplôme universitaire faisait son apparition, « Médecine, Méditation et Neurosciences » à l’université de Strasbourg. L’Allemagne, l’Angleterre et la Suisse avaient déjà pris un peu d’avance dans ce domaine. Ils proposaient déjà ce genre de cursus universitaire.

Jean-Gerard Bloch, l’initiateur de ce diplôme commente : “J’ai voulu proposer aux personnes du monde de la santé, médecins, psychologues, chercheurs en neurosciences, une nouvelle approche de la médecine du corps-esprit avec une validation scientifique.”

Cette formation reprend les préceptes d’un cursus déjà existant au États-Unis. C’est la « Mindfullness based stress reduced », autrement dit « La réduction du stress basé sur la méditation de pleine conscience ». Elle permet de répondre à certaines demandes pour lesquelles la médecine traditionnelle n’a pas forcément de réponse.

Cette formation a pour but également de mélanger deux courants de pensée. Le premier, est représenté par le « bouddhisme laïc » avec ses connaissances et sa science de l’esprit. Celles partagées depuis des centaines d’années dans les monastères tibétains par exemple en font partie. 

Le deuxième courant, est celui des sciences occidentales dites « dures », avec l’avancée rapide des neurosciences et des sciences cognitives. L’observation du stress sur l’organisme ainsi que les nouvelles technologies d’imagerie médicale progrèssent. Elles permettent une visualisation précise des effets qui étaient autrefois invisibles sur notre cerveau.

 

En résumé, la méditation tend à prendre une place de plus en plus importante dans notre société occidentale. On y voit ses vertus autant physiques que psychologiques. Les études sur le domaine sont plutôt récentes. Il est certain que d’ici quelques années de nouvelles informations viendront s’ajouter à celles déjà reconnues.

 

Références complémentaires :

 

Diplôme d’université de médecine méditation et neurosciences

 

Eight weeks to a better brain

 

Meditation And Psychotherapy: A Review of the Literature

 

Méditation : comment elle modifie le cerveau

 

Effectiveness and cost-effectiveness of mindfulness-based cognitive therapy compared with maintenance antidepressant treatment in the prevention of depressive relapse or recurrence (PREVENT): a randomised controlled trial

Sujets abordés dans cet article

  • bénéfices de la méditation
  • Bienfaits de la méditation
  • méditation preuve scientifique


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