Méditation et mal-être : quand la tranquillité d’esprit n’est pas au rendez-vous

méditation et mal-être
Méditation et mal-être  – la pratique méditative ne mène pas forcément d’emblée au calme

Méditation, attention danger ! Nous explique, non pas le service marketing d’un grand laboratoire qui voudrait remonter son chiffre d’affaire en anti-dépresseurs, mais des psychologues indépendants. Et ça n’est pas parce que nous nous sommes donnés pour mission de recenser les innombrables bienfaits de la méditation que nous devons forcément former les yeux sur les cas où méditation et mal-être sont liés. Comme nous l’avions déjà souligné, dans les cas pathologiques, rien ne remplace la prise en charge médicale. Voici donc quelques détails qu’il ne faudrait pas perdre de vue quand on s’interesse à la méditation.

Oui, c’est peut être difficile à croire, mais cette pratique spirituelle peut déstabiliser certaines personnes fragiles psychologiquement. Il est donc préférable de s’adresser à des spécialistes pour commencer.

Méditation et mal-être

La méditation est à la mode et les guides expliquant comment elle peut être utilisée pour mieux gérer son budget ou réussir son régime amincissant fleurissent. Il est vrai que chaque jour de nouvelles études scientifiques confirment ses bienfaits sur la santé: la méditation diminue les risques de maladie cardio-vasculaire, renforce le cerveau, rend plus créatif… Loin d’être anodine, elle est au contraire un puissant catalyseur de l’état intérieur. Aussi est-il important de connaître aussi ses contre-indications.

« Contrairement à ce que beaucoup croient, la méditation ne mène pas d’emblée au calme, » explique Frédéric Munoz, psychologue et psychanalyste spécialiste en psychologie bouddhique. « Elle permet au contraire d’aller très vite au cœur de ses tempêtes. » Ce sont donc évidemment les personnes fragiles ou en période de crise psychique qui devront être accompagnées si elles souhaitent s’initier au « retour à soi ».

D’abord, il leur faut savoir qu’il n’existe pas une forme unique de méditation, mais bien plutôt plusieurs techniques méditatives, héritées de traditions différentes – zen, chrétienne, bouddhiste etc. – et qui reposent sur des démarches très différentes. Certaines préconisent de focaliser son attention sur un objet, d’autres invitent à « marcher en conscience», ou à répéter intérieurement une phrase, etc.

Parmi cet éventail, certaines approches seront à éviter pour certains types de personnes. « Quelqu’un qui souffre de troubles de la dissociation sans qu’on sache s’ils sont structurels ou symptomatiques peut se retrouver aux urgences après avoir été incité à fermer les yeux et à se concentrer sur sa respiration », affirme Cyril Tarquinio, professeur en psychologie de la santé.

À risque aussi, bien évidemment, les personnes psychotiques et schizophrènes, mais aussi celles qui souffrent d’importants troubles anxieux et de phobies. « Quelqu’un qui subit des états anxieux majeurs est incapable de chercher à atteindre le calme mental sans avoir une crise d’angoisse », rappelle Frédéric Munoz, qui a l’expérience de ces « ratés » de la méditation : il est régulièrement appelé dans des centres de retraites pour « récupérer » quelques méditants pris de délire mystique ou en plein épisode de décompensation.

Le psychologue recommande donc, si l’on désire s’initier à une technique méditative, de le faire en étant accompagné par un instructeur expérimenté, de s’adresser pour cela à une fédération, un dojo, un monastère où l’on peut aussi pratiquer en groupe… Pour les personnes qui se sentent plus fragiles, Frédéric Munoz suggère un accompagnement à double approche : méditative et clinique. Il a d’ailleurs créé avec des collègues psychiatres et psychologues un réseau de professionnels formés en ce sens (www.convivence.fr). Cette double approche est en plein essor et rassemble de très grands noms du bouddhisme et de la psychologie. Ainsi, dernièrement, ils se sont réunis pour deux jours de colloque autour de Jack Kornfield, auteur de Bouddha, mode d’emploi (éd. Belfond), l’un des plus grands connaisseurs actuels de la méditation.

Voici donc pour cette petite mise en garde, ce rappel que nous estimons justifié, pour que méditation et mal-être ne soient jamais assimilables. Nous croyons en effet avant tout au respect du public, au partage des connaissances, à l’ouverture, la curiosité, mais aussi à l’esprit critique. Nous ne croyons définitivement pas aux remèdes miracles ni aux personnes qui prétendent avoir raison là où tout le monde se trompe. Enfin, nous croyons fermement à l’humilité et à la communication. Tout cela pour dire que lorsque l’on éprouve le moindre doute, la moindre hésitation, il est normal et même sain de demander conseil à autrui, si ça n’est pas à un professionnel. Comme disait Nietzsche, «  le chercheur construit sa cabane au pied de la tour de la science pour pouvoir aider à sa construction et trouver lui-même protection sous le bastion qui est déjà construit. » Bien sûr, cela peut s’appliquer à toutes sortes de « chercheurs »…

Sujets abordés dans l’article :

  • Méditation et mal-être
  • Méditation et pensées négatives
  • Méditer et se sentir mal
  • Ne pas se sentir bien après avoir médité
  • Se sentir mal après la méditation


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8 commentaires sur “8”

  1. Pourriez vous me renseigner sur une technique de confiance en soi qui me permettrait d’éviter les antidouleurs, le tabac, les visites chez l’ostéopathe, l’acuponcteur, etc…..
    Le fait aussi de ne pas vouloir dépendre des autres.
    Comment redémarrer à 55 ans lorsque l’on a l’impression que tout s’est écroulé d’un seul coup ?

    1. Bonjour Gilbert,

      Pierre a écrit récemment un article sur la confiance en soi. Je ne connais toutefois et malheureusement pas de remède miracle.

      Les démarches que vous avez déjà entreprises me semblent constructives et j’espère qu’avec le temps et tout ce que vous apprendrez en chemin, vous vous sentirez mieux.

      Bien cordialement

  2. Merci des informations que je ne connaissais pas. C’est sûr que la méditation ne fera pas de miracles, ça prends du temps pour répéter encore et encore et mieux se connaître. Comme pour un médecin qui a besoin de nombreuses années pour connaître son métier, ça serait un désastre de l’envoyer opérer après une semaine de pratique ou d’entrainement.
    C’est dommage que certains en attendent monts et merveilles. Tout ce qui est enraciné en nous a mis du temps à le devenir donc c’est logique que le déracinement demande également pas mal de temps.
    Merci pour la mise en garde.

      1. je pense en effet qu’il est indispensable de suivre une personne initié pour les débuts , pour moi , grace à la meditation , je suis sortie de dépréssions , de maux de dos , de l’envie de mourir que je trainais depuis des années , bref , je suis passée de l’autre coté , cela fait 11 ans que je pratique , et il m’aura fallu que 6 mois pour remettre ma vie dans un axe « plus »droit , depuis ,le chemin continue ,et je ne peux plus me perdre vraiment …

        1. même vécu que joe…
          depression severe avec troubles anxieux il y a 1 an 1/2 .
          le guérison se fait par étape ; il ne faut pas précipiter . moi aussi je médite (pleine conscience) mais attention ca ne marche que quand on commence à aller bien !!!
          sinon trop déroutant, trop dur …
          En revanche , quand elle est commencée au bon moment c’est simplement EXTRAORDINAIRE
          mais comme je jogging c’est à faire sérieusement et régulièrement et en étant initiée par des professionnels

  3. J’ai commencé la médiation guidée , 2 eme jour , et ce soir , j’etai en apnée pendant un temps qui m’a semblé long , je tangais dans l’eau et des ombres noirs survolaient au dessus de moi . Le plus bizarre c’est que je ne me noyais pas . J’ai eu peur et je me suis arrachée à ce rêve éveillé.
    Ça peut arriver ?

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