Découvrez par vous-même la nature des pensées et de l’esprit en pratiquant la méditation

Article invité rédigé par Jonathan Rigottier du blog Méditer pour être heureux, dans le cadre de l’évènement le « Cham des invités ».

Tout d’abord, merci à Cédric à toute l’équipe du site Techniques de méditation pour nous donner la parole au cours de cet évènement. Je me rappelle des débuts du site avec quelques articles et quelques abonnés. Aujourd’hui cela a bien évolué donc bravo pour tout le travail et merci pour les nombreuses publications toujours utiles avec pleins de nouvelles informations. J’y ai beaucoup appris.

Maintenant entrons dans le vif du sujet avec l’article que je vous propose :

Certaines branches de la science s’attachent à analyser nos pensées afin de les comprendre et pouvoir par la suite les modifier. Dans la mesure où notre mental produit des milliers de pensées par jour, c’est une analyse sans fin. D’autant que le fait de vouloir comprendre et d’analyser alimente justement le processus et c’est ainsi interminable.

nature de vos pensées

Que ce soit Bruno Lallement, les Bouddhistes ou d’autres, leur approche va être très différente. Au lieu d’analyser la pensée. On va la regarder. D’où vient-elle ? Où va-t-elle ? Quelle est sa couleur ? Qu’elle est sa taille ? Où se situe-t-elle dans notre corps ?

En faisant cet exercice encore et encore, on réalise que les pensées ne sont que des illusions. Elles existent bien au moment où elles se produisent puisqu’on peut les percevoir dans notre champ de conscience mais elles n’existent pas en tant qu’identité immuable comme elles sont sans cesse changeantes. Comme un nuage où un arc en ciel qui existent bien quand on le voit mais qui ne dure pas de façon éternelle. Un certain nombre de facteurs se sont réunis et ont permis l’apparition du nuage où de la pensée dans notre champ de conscience puis dès qu’un ou plusieurs facteurs changent, le nuage où la pensée se transforme puis disparait.

Les pensées n’existent pas en ce sens qu’elles changent constamment. D’ailleurs regardez ce qu’est vraiment devenu ce qui vous tourmentait autant dans le passé, cela a disparu depuis. Si vous êtes pris dans de fortes tensions intérieures, observez et vous verrez que tout sera oublié dans quelques heures ou quelques jours. Ce seront d’autres évènements mentaux qui auront pris place dans le champ de conscience en fonction de nombreux nouveaux facteurs qui auront été favorable à leur apparition.

En réalisant cela, à quoi bon leur donner de l’importance ? A quoi bon les suivre quand elles se manifestent ? Ce que nous faisons sans nous en rendre compte, c’est donner vie à une illusion.

Imaginer que vous êtes face à un hologramme menaçant mais qui n’a aucun pouvoir puisque c’est un hologramme. Si on se met à vouloir le fuir et à en avoir peur, c’est qu’on le prend pour la réalité alors que pourtant c’est bel et bien toujours un hologramme sans aucun pouvoir. Il n’en aura un que si on le lui accorde.

Cela parait assez stupide d’agir ainsi et c’est pourtant ce que l’on fait en donnant vie aux pensées, en allant d’identifier à elles. En étant traversé par une angoisse et en la prenant pour ce qu’elle n’est pas, on lui donne vie et on lui donne du pouvoir.

A l’inverse en réalisant sa nature, c’est à dire qu’il s’agit seulement d’un hologramme ou d’une illusion, on la laisse passer puis elle disparait. Mais en alimentant et en ayant peur de cela, on lui donne un pouvoir qu’elle n’a ultimement pas. Comme si vous aviez peur d’une image d’un serpent ou d’une image d’une personne avec une arme menaçant de vous tuer. Cela demande de prendre du temps pour regarder ce que sont vraiment nos pensées et comment nous les alimentons sans nous en rendre compte.

Nul besoin d’analyser ou de vouloir tout comprendre sur le point intellectuel des différents facteurs qui entrent en jeu. En réalisant la nature des pensées, il n’y a plus qu’à se détendre et à laisser faire. Cela va et vient sans qu’on ne puisse y changer quoi que soit. Le faite de vouloir empêcher ses manifestations créeraient une tension inutile qui serait favorable pour les alimenter. Cela simplifie bien les choses et nous ramène encore et toujours dans le moment présent, c’est à dire la seule réalité qui existe.

Lorsque le champ de conscience est perdu dans les pensées, en mettant un coup de projecteur sur elles au lieu de ce qui se passe en réalité autour de nous, on se perd inutilement. Cela ne change rien au moment présent qui se déroule toujours de la même façon. La réalité ne va pas changer sous l’effet de pensées mais simplement par des actes ou des non-actes qui passent au final tous par le moment présent.

A vous de la réaliser pour ne plus être dupe !

jeux de l’ego

Voici un extrait d’une des leçons de Bruno Lallement qui traite de la nature de notre esprit, j’espère qu’il vous sera utile, je l’ai personnellement beaucoup apprécié. Je trouve que c’est un bon complément à cet article car notre ego à la même nature que nos pensées, il est sans cesse changeant. Place maintenant à Bruno Lallement :

« Notre esprit ordinaire n’a pas de réalité en soi, définie. Il ne possède pas de bases valides, puisqu’il est susceptible de se transformer à chaque instant. Il est déjà arrivé à un grand nombre de personnes de connaître des transformations radicales dans leur « personnalité » suite à un évènement particulier. Leur entourage n’arrive plus à les comprendre tant leurs comportements ont changé, que ce soit d’une façon heureuse ou non, parce qu’ils ont vécu a soudainement modifié leur angle de vue.

Rien n’est figé, vouloir s’attacher à une certaine image de soi est aussi vain et inutile que de vouloir attraper et enfermer un nuage. Là est la cause de toutes nos souffrances. Chaque fois qu’un évènement fortuit se produit dans notre existence et vient mettre un coup de balai dans nos vues sur la vie, nous nous sentons déroutés, perdus. L’acceptation de l’impermanence est une source de joie et de liberté pour celui qui l’accomplit, et la vie devient alors ce champ immense de possibilités où chaque situation, chaque circonstance bonne ou mauvaise devient une occasion d’élargir son champ de conscience et de devenir plus libre encore.

Notre ego est une farce, une tromperie que nous prenons pour la réalité. Notre existence individuelle est comme une vague qui se produit à la surface de l’océan, elle prend momentanément une forme, qui d’ailleurs se modifie durant sa propre manifestation, mais elle reste intrinsèquement liée à l’océan dont elle est issue et fait partie. La vague et l’océan ont la même nature, ils en peuvent être séparés. Le sens de la séparation, l’individualisme est une illusion créée par notre manque de perception, par notre absence de vue claire de la réalité en soi.

Pour résumer, l’esprit ordinaire ou le mental, c’est la forme que revêt notre nature dans le monde manifesté, que l’on appelle aussi « l’immanence », le monde des apparences, de la réalité conventionnelle, que les bouddhistes appellent la vérité relative. Les phénomènes n’y existent qu’en rapport avec d’autres phénomènes qui, eux-mêmes, dépendent des causes et des conditions qui les ont engendrés. Tout comme la vague que nous prenons pour notre identité, et donc notre véritable nature, n’est qu’une manifestation passagère. Pour des raisons didactiques, on retiendra que le mental est fait de l’ego et de son allié l’intellect. L’un peut-être dominant par rapport à l’autre. La « taille » de l’ego est déterminée par l’attachement plus ou moins grand que l’on a développé à l’égard de l’idée de soi-même, autrement dit à l’importance que l’on accorde à sa « personnalité ». (Personnalité vient de « persona » qui veut dire « masque ».). Le mental dans le monde de la forme est véhiculé par le corps.

On pourrait aussi comparer le mental à un fruit dont la chair serait l’ego et l’écorce (plus ou moins épaisse) serait l’intellect. L’intellect recèle non seulement nos facultés de cognition, de mémoire, d’analyse mais aussi d’imagination. L’ego quant à lui est fait de toutes ces manifestations affectives faites d’attraction et de répulsion « j’aime / je n’aime pas ».

Le monde ordinaire est le monde des concepts, des idées (plus ou moins élaborées), des conventions, du paraître. On peut voir combien même les idées scientifiques ne cessent de se contredire, alors que la science est devenue la religion de notre culture. Parce que l’intellect ne peut que séparer les choses, il est incapable de concevoir la réalité dans son ensemble, il lui est impossible de relier les phénomènes entre eux (le sens même du mot religion = relier à). Il s’agit d’un monde où nous agissons qu’en fonction de nos propres intérêts, il y va de la survie de notre ego « moi, moi, moi… ». Peu importe les conséquences à long terme.

Dans ce « monde », l’amour n’est pas un amour altruiste, inconditionnel, fondé sur l’aspiration au bonheur d’autrui, mais un amour possessif. Tout va bien tant que l’autre ou les autres répondent à nos attentes, sont conformes à l’image que l’on se fait d’eux.

L’esprit ordinaire ne peut concevoir la vraie nature des choses, sa propre et véritable nature. C’est ce qui faisait dire à Sogyal Rinpoché qu’en Occident, nous croyons étudier l’esprit, alors que nous ne faisons qu’étudier les projections de l’esprit. L’esprit, c’est d’où tout s’élève.

L’esprit, ou la nature de l’esprit, est comme une lumière qui permet la projection d’un film. Sans cette lumière, le film ne peut se produire. La nier est une erreur fondamentale et prendre le film pour la réalité est une méprise bien plus grande encore.

La nature de l’esprit appartient à la « vérité absolue », le monde transcendant, c’est à dire la réalité en soi, telle qu’elle est. Elle est comme le ciel bleu traversé par les nuages ; les nuages ne sont que passagers, le ciel est constamment présent. Mais il se peut que nous ne le percevions plus parce que nous nous laissons abuser par les nuages que sont nos obscurcissements mentaux.

A l’image du soleil, dont les qualités sont son rayonnement et sa chaleur, au niveau de la nature même de l’esprit, la chaleur correspond à l’amour altruiste, la compassion, et son rayonnement, à sa sagesse. L’amour et la compassion sont le fruit de nos émotions transcendées et la sagesse, celui de l’intelligence transcendée.

L’éveil n’est rien d’autre que la reconnaissance par notre conscience de la nature même de l’esprit et de tous les phénomènes. L’obstacle majeur à cette réalisation n’est rien d’autre que l’ignorance ou l’absence de vue claire de la réalité en soi.

Le but de la pratique est donc de nous aider à lâcher prise de la saisie de notre esprit ordinaire, afin de nous donner la possibilité de voir clairement la nature de toute chose. Réaliser notre propre nature nous offre d’abandonner du même coup nos raisons d’éprouver tous sentiments négatifs qui sont, quant à eux, le fruit de notre attachement. Tout comme un mendiant perdrait ses raisons de mendier parce qu’il réalise qu’il est assis sur un coffre rempli d’or.

Le seul fait de ne plus saisir (s’attacher à) nos pensées crée un tel sentiment d’apaisement et d’ouverture que notre ego, faute d’être entretenu par notre besoin compulsif de tout contrôler, se dissout dans l’espace naturel de notre esprit.

Les voiles obscurcissant de notre esprit conditionné disparaissent alors pour faire place à une réalité aussi vaste qu’infinie où toute chose prend sa place, où chaque évènement prend un sens et contribue à nous orienter vers notre accomplissement. Il n’y a de fait ni bien ni mal. »

J’espère que cet article vous aura été utile. Au plaisir de vous retrouver sur mon blog www.mediter-pour-etre-heureux.com pour d’autres articles !

Crédit photos (Creative Commons) dans l’ordre d’apparition : mutsmuts – Rhonda Liberman

Sujets abordés dans l’article :

  • Champ de conscience
  • Nature de l’esprit
  • Nature des pensées
  • Pensées et illusions
  • Regarder ses pensées


Partagez notre article sur vos réseaux sociaux


Vous pourriez également apprécier

15 commentaires sur “15”

  1. Bonjour à tous,

    Merci et bravo à Jonathan pour ce super article. Tu retranscris à merveille les enseignements de Bruno Lallement et comme d’habitude tu ajoutes une touche personnelle comme tu sais si bien le faire.

    amicalement,

    Cédric(seconnaitre)

  2. Bel article Jonathan, il donne envie de rebondir dessus…
    Bon allez, je ne peux résister : si les nuages « du monde » ne sont pas le ciel bleu, en revanche au niveau de l’esprit les nuages participent du ciel, point besoin qu’ils disparaissent… ils participent eux-même de l’espace. Tout comme la méprise qui saisit l’illusion et l’illusion elle-même, les nuages sont le rayonnement même de l’esprit : Rigpa. Ils sont donc parfait eux-aussi. Mais en effet le challenge réside en la reconnaissance effective de cela. Il y a une excellente scène dans XMen 3 ou 4 qui illustre tout cela à merveille… Aux fans de deviner…

  3. J’ai beaucoup aimé cet article, mais la présence de quelques fautes de français m’ont un peu gâché le plaisir de la lecture.
    Me permettrais-tu de t’en faire part?

  4. Ah ben elle ne s’affiche pas… Je t’enverrai ça à l’adresse que tu utilises pour nous envoyer les articles de méditation.

  5. Bonjour
    après avoir essayé de comprendre la nature de l’esprit et la m&ditation en suivant des enseignements avec les lamas ,je trouve que les « jeunes » générations ont assimilé l’essence de l’Illumination et savent nous la transmettre avec des mots simples et adaptés à notre culture. Mais mon problème demeure de ne savoir/pouvoir me poser pour méditer .J’essaie de pratiquer l’attention consciente dans les gestes du quotidien:cela m’est plus facile.
    MERCI pour votre piqûre de rappel !

  6. Bonjour, merci pour ce texte. Mais si on pouvait d’éclairer sur le fait de regarder la pensée ou plutôt j’aimerai appliquer la même chose mais pour le sentiment aussi. Que voulez vous dire par ou va la pensée, quelle est sa taille, sa couleur etc. Je n’arrive pas à faire le rapprochement.
    Merci pour votre réponse,
    Au plaisir,
    Mélanie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *