Comment choisir sa position pour méditer ?

choisir sa position méditativeArticle invité écrit par Gaël, du blog la Méditation Guidée.

La pratique de la méditation se présente comme un puzzle. Avec l’entraînement, les pièces, interdépendantes les unes des autres, vont se mettre en place naturellement.

La confiance, belle richesse qu’apporte la pratique, est utile pour trouver sa bonne position. Chaque corps est unique et peut se présenter, au départ, comme un obstacle difficile à franchir. C’est la première étape incontournable de ce jeu de patience appelé méditation.

Le pourquoi de la position du lotus ?

Il arrive fréquemment de croire que la position absolue à tout pratiquant qui se respecte est le lotus. Allez, accordons-nous un compromis, le demi-lotus ! S’il est vrai que c’est l’idéal, il n’y a pas de meilleure façon d’arrêter avant de commencer. Quiconque aura essayé, remarquera les qualités physiques que cela requiert et plus spécifiquement les risques accrus de se blesser si ce n’est pas maîtrisé. Ces postures ont pour origine l’Asie, plus précisément l’Inde et le Népal, terres natales du Bouddha et du Yoga où les gens ont pour coutume de s’asseoir à même le sol pour les nombreuses tâches quotidiennes qui s’y prêtent.

Dès leurs plus jeunes âges ils acquièrent, par voie de conséquence, une flexibilité naturelle qui leur permet, le plus simplement du monde, d’utiliser ces poses. Celui qui a visité ces pays a pu faire ce constat déroutant qui ferait rougir plus d’un « yogi » occidental qui, avant d’y parvenir, aura dû s’exercer des années. Pour couronner le tout, cette assise là-bas, ne revêt pas particulièrement de caractère spirituel.

Qu’est-ce qui est recherché au travers de la posture ?

Alors plutôt que de partir de ce qu’il faudrait éventuellement atteindre, je vous propose de prendre le problème à l’envers : que cherchons-nous  au travers de la position corporelle pendant l’acte de Méditation ?

C’est très simple, nous cherchons à « oublier » le corps grâce au statisme par le meilleur moyen d’y arriver : le confort.

Mais attention, pas de raccourci, la position se doit d’être « officielle » et elle ne fonctionne pas affaissé dans un canapé.

Quelle est la bonne position ?

Le fruit de cette réalité est qu’il n’y a de bonne position assise que celle qui vous convient parce que cela dépend de vos aptitudes, de l’histoire de votre corps en somme. Il est possible pour tout un chacun de méditer malgré des limitations physiques liées à des accidents, maladies ou tout simplement l’avancée dans l’âge. La position couchée est par contre déconseillée parce qu’elle favorise l’endormissement profond. Mais là encore, il est possible de trouver des solutions sur mesure dans des cas extrêmes.

Pourquoi une position officielle ?

Il est tout à fait courant et normal de rencontrer des microcoupures en débutant la Méditation en position assise parce que, pour le corps-esprit, le ralentissement biologique que cela induit est identifié comme une phase de sommeil. C’est pour limiter cette répercussion qu’une position « officielle » est requise. Le corps-esprit aura besoin d’entraînement avant qu’il ne comprenne la nouvelle activité qui lui est proposée.

Pourquoi rechercher la verticalité ?

C’est dans ce même souci de confort que nous allons chercher la verticalité pour limiter au maximum les effets de l’attraction terrestre. Et cela même assis sur une chaise en ayant le dos appuyé sur le dossier parce que la moindre inclinaison se répercutera sur les vertèbres cervicales qui le signifieront rapidement. La position « officielle » doit donc être la plus naturelle possible pour accéder à l’immobilité requise. Pour ce faire, celle-ci n’est ni relâchée, ni crispée.

Commencer chaque séance par un automassage du cou et des épaules aide à détendre un tant soit peu les parties les plus exposées aux tensions. Cela a également le mérite de créer une routine qui permettra au corps-esprit d’identifier que c’est le moment de la Méditation.

Quelle attitude adopter quand la douleur se présente ?

Quelle que soit la position choisie, si jamais une douleur émerge, un méditant va d’abord poser son attention sur celle-ci. Si elle persiste, c’est alors le signe que la posture n’est pas convenable et nécessitera un réajustement. En aucun cas il ne va lutter parce qu’il connaît le risque de se blesser et de ce fait stopper la régularité de la pratique.

La règle commune à toutes les positions assises :

Il y a une règle commune à toutes les positions assises qu’elles soient au sol, sur chaise ou tabouret : les genoux doivent idéalement être situés sous le niveau des hanches.

  • Au sol, pour accéder à l’antéversion du bassin, ce qui va avoir pour effet de maintenir la colonne naturellement droite.
  • Sur chaise ou tabouret, pour une bonne répartition du poids du buste entre les jambes et les fessiers, toujours dans le souci que le corps ne soit pas la contrainte qui mette fin à la séance.

Voici un schéma des différentes positions du bassin :

 

position du bassin

Pourquoi la position sur chaise est la plus simple ?

Lors des ateliers que j’anime, en région Loire-Atlantique, le temps de Méditation guidée est d’environ cinquante minutes. J’invite toutes les personnes qui débutent à commencer sur une chaise pour éviter qu’ils ne se blessent. Malgré mon conseil, quelques-unes insistent pour méditer au sol. Aucune d’entre elles n’a tenu le temps de la séance et assez rapidement la posture est devenue très inconfortable malgré le fait que le minimum de justesse requis soit validé par mes soins. Non pas que cela ne soit pas faisable, certains tiennent le temps imparti sans difficulté, mais là aussi il y a besoin d’y aller progressivement.

J’ai pu constater par moi-même que la position choisie, quelle qu’elle soit, à partir du moment où elle est « officielle », ne modifie en rien la qualité de la Méditation. Je passe d’une position au sol, pour ma pratique personnelle, à un tabouret de « cuisine » afin de mener la guidance et je n’ai constaté aucun changement. Encore un autre élément qui abonde dans le sens que ce n’est pas là que cela se situe contrairement à ce que certaines approches purement physiques de la « méditation » voudraient nous faire croire. C’est vrai quelle que soit la partie corporelle abordée, comme la position des mains par exemple. Tourner les paumes vers le haut ou joindre le pouce et l’index n’apportent rien de particulier à part un éventuel inconfort et un enracinement dans des croyances en opposition avec le caractère pragmatique, scientifique de la Méditation laïque.

La bonne attitude, que toute personne souhaitant s’impliquer dans la Méditation devrait cultiver, est de vérifier chaque élément tel un scientifique parce que qui d’autre que soi-même peut savoir pour soi-même ? La position des mains la plus adaptée est posée l’une sur l’autre entre les jambes afin de stabiliser la colonne grâce à une sorte de trépied. Naturellement les pouces vont se joindre mais sans aucun caractère ésotérique.

Les différentes positions sur chaise passées en revue

La première est celle appuyée sur le dossier. Le bassin est en rétroversion ou droit, le fessier bien calé dans le fond de la chaise, les pieds à plat, des angles droits sont formés entre les cuisses et les mollets, le dos est droit. Toujours par souci d’une bonne répartition du poids du corps, n’hésitez pas à écarter les jambes. Encore une fois, mais c’est important, les genoux sont sous le niveau des hanches.

 

chaise 1

La seconde est une variante de la première. Le positionnement se fera en bord de chaise et provoquera ainsi une rotation du bassin qui se retrouvera en antéversion, comme au sol à l’aide de coussins adaptés. Cela permet un maintien naturel de la colonne, extrêmement confortable pour qui le maîtrise. Il est toutefois recommandé que le creux formé par le bas de la colonne soit limité. Pour être juste, il doit être dans l’alignement du sternum. A aucun moment une gêne ne doit être ressentie.

 

Chaise 2

Il y a une position intermédiaire qui consiste à s’installer au fond de l’assise et à placer un coussin rond ou une serviette roulée entre le dossier et le creux que formera le dos en antéversion.

La troisième, conseillée par mon kinésithérapeute, est de s’asseoir à califourchon. Nous devrions, selon lui, toujours nous assoir sur une chaise de cette façon. La position normale en rétroversion favorise un avachissement de la colonne vertébrale. Une chaise avec une assise en forme de V s’y prêtera parfaitement et vous remarquerez immédiatement la justesse de l’antéversion qu’induit cette position. Les mains, dans ce cas, seront posées à plat sur les cuisses.

 

Chaise 3

 

Aux ateliers que j’anime j’invite à venir avec son propre matériel, plus précisément celui utilisé pour la pratique personnelle. En effet, certains ont observé que ne serait-ce qu’une différence de hauteur de talon, pouvait contrarier la position d’habitude adéquate.

J’aborde, dans l’article original, les différentes positions au sol. La position sur chaise ne correspond pas à tout le monde notamment pour une question de taille. Si les genoux sont au-dessus des hanches ou si la longueur des jambes est trop courte pour poser les pieds à plat sur le sol alors il faudra aller vers une autre posture.

 

 

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Discussion

  1. Excellent article sur la posture pour vivre au mieux sa pratique de la méditation et en tirer le plus possible de bienfaits pour sa vie ! Je vous en remercie.
    Pratiquant moi-même la méditation depuis plusieurs années, je trouve votre article extrêmement déculpabilisant par rapport au fait de ne pas pouvoir tenir une posture qui en fait ne nous est pas adaptée. Et je trouve merveilleux que vous mettiez en avant le but premier de la posture croporelle méditative qui est d’oublier son corps pour se consacrer pleinement à la méditation !!! Encore merci.
    Respectueusement
    Eric

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