Comment embrasser l’imperfection et quelle est son utilité ?

la perfection de l'imperfection
« Vous êtes parfait comme vous êtes. Il y a toutefois toujours une place pour vous améliorer. » — Suzuki Roshi

Nous vivons dans une société valorisant la perfection. Avez-vous déjà entendu parler du corps parfait, de la famille modèle (que ce soit par rapport au couple, mais aussi aux enfants) ou encore de la maison idéale ?

Devinez quel est le problème de ces représentations idylliques ?

Presque personne ne vit réellement de telles situations.

Et que cette situation génère-t-elle pour beaucoup d’entre nous ? De la déception, de la tristesse ou encore l’impression de ne pas réussir, n’avez-vous jamais ressenti cela ?

En effet, conditionnés par ce que nous avons intégré comme étant la normalité, notre représentation du monde est en décalage avec ce que nous vivons réellement. Cet écart participe à des comparaisons ainsi qu’à des projections dans le futur et à l’espoir d’une vie meilleure…

Et si cette vision était une illusion ? Si l’imperfection faisait partie de la beauté de la vie ? Si elle était plutôt source de richesse, de beauté et de succès ?

Les japonais ont, à ce propos, développé une philosophie appelée « wabi-sabi » invitant à reconnaître et à ressentir la beauté des choses imparfaites, éphémères et modestes. Cette philosophie met en avant les trois qualités suivantes de la vie : tout est impermanent, imparfait est incomplet. Appliquée à nous, êtres humains, cela signifie que nous sommes ici pour une durée limitée et qu’aucun mortel n’est totalement « achevé », ni parfait.

C’est cette imperfection qui pousse toute chose à évoluer, à s’améliorer constamment. Sans l’imperfection, le monde serait comme figé… En même temps, cette imperfection volontaire résulte d’un système idéal où chaque élément est parfait dans son imperfection. Le maître Zen Shunryu Suzuki Roshi a prononcé une phrase qui résume bien ce paradoxe : « Vous êtes parfait comme vous êtes. Il y toutefois toujours une place pour l’amélioration. ».

Comment faire alors pour supporter cette imperfection constante ?

Je pense que la première étape est de l’accepter. Une fois que nous acceptons l’imperfection, nous acceptons aussi d’apprendre et de grandir.  Au moment même où nous prenons conscience d’une de nos « faiblesses » (se mettre en colère facilement, être rapidement anxieux, etc.), le changement débute déjà.

La seconde étape est de devenir conscient des « défauts » que nous souhaitons améliorer. Devenir conscient d’une situation qui se reproduit nous permet de pouvoir choisir si nous souhaitons agir pour éviter qu’elle se répète ou non. Notre choix de penser ou de se comporter de telle ou telle manière peut ainsi se présenter à chaque instant.

La méditation participe à ce processus d’acceptation de l’imperfection ainsi qu’à notre développement personnel grâce à la prise de conscience de l’instant présent qui s’installe au fur et à mesure de notre pratique. Cette prise de conscience permet à nos constructions mentales de se dissoudre petit à petit et de laisser la place aux choses telles qu’elles sont réellement. La beauté se révèle ainsi d’elle-même, parfois là où elle était pourtant le moins attendue.

La pratique de la méditation me permet d’apprendre que la perfection EST la vie telle qu’elle existe, à chaque instant, et qu’elle est belle . Il m’appartient ensuite d’identifier mes « faiblesses », de prendre conscience des moments où elles font surface, et d’agir différemment des fois précédentes.

Comment l’imperfection vous aide-t-elle à grandir ? Vos conseils sont les bienvenus !

 

Cet article participe à l’événement A la croisée des blogs organisé ce mois-ci par Régis Carlo du blog Moment Présent sur le thème « Éloge de l’imperfection« .

Sujets abordés dans l’article :

  • Wabi-sabi
  • Perfectionnisme
  • Lâcher prise
  • Dukkha
  • Imperfection


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